Une association toute jeune qui s’intitule " Pour la Protection des Riverains et des Iliens " (PPRI). Notre association a vu le jour - en catastrophe ! - en mai 2000 à Bry sur Marne quand nous avons découvert (par hasard car la concertation version Voynet ne valait guère mieux que celle du lobby nucléaire qu’elle a tant critiqué) qu’un PPRI du Val de Marne allait être adopté. Pour nous qui avons l’expérience des crues de la Marne, ce PPRI n’était ni fait ni à faire.

Ce PPRI du Val de Marne, première manière, était absurde. Il ne reposait sur aucune étude sérieuse et accumulait les erreurs et injustices (à situation égale du point de vue de l’eau, vous vous retrouviez par exemple en zone rouge ou orange selon la municipalité à laquelle vous apparteniez).

De plus, ce Plan ne prévoyait aucune mesure relevant d’une véritable prévention (par exemple, la poursuite de la construction des barrages-réservoirs, recommandée par la Cour des Comptes et par le Rapport Rizolli) mais punissait les habitants des zones inondables, et particulièrement ceux classés en zone dite rouge à qui on interdisait de reconstruire en cas de sinistre. A terme, des milliers d’habitants de la région parisienne se trouvaient spoliés, privés à la fois de leur patrimoine et de leur habitat. On les traitait comme s’ils habitaient au bord d’un torrent aux crues rapides et violentes alors qu’ils vivent au bord d’un fleuve de plaine, aux crues lentes et prévisibles. A terme, un des plus beaux coins de l’Ile-de-France, les Bords de Marne, était condamné à devenir une " zone " où se multiplieraient lentement mais sûrement les pavillons en ruine, non entretenus et (région peuplée oblige) squattés.

L’association PPRI s’est battue contre ce premier Plan (cf Notre combat) et elle a fait reculer en partie les bureaucrates. Des centaines d’habitations (pavillons et immeubles des quais et des îles) classées jusque là en zone rouge ont été mis dans deux zones (rouge-orange et orange-rouge) moins pénalisantes mais théoriquement temporaires.

En fait, le risque demeure car la technocratie parisienne ne renoncera pas si facilement à faire payer à notre banlieue le prix de la protection (illusoire) de Paris.

Des études hydrauliques ont eu lieu. Portant sur une zone plus petite, elles auraient pu être enfin sérieuses. Cela n’est pas le cas. Les vitesses d’écoulement ont été concoctées dans un bureau, sans aucune visite sur le terrain, et en s’appuyant sur des documents erronés (Exemple : L’île du Moulin – habitée depuis plus de 100 ans – est classée comme zone naturelle). L’étude - payée par nos impôts - est terminée depuis des semaines mais nous n’avons toujours pas le droit de la consulter et éventuellement d’y répondre. La majorité politique a peut-être changé mais pas les bureaucrates ! Sur ce front, le danger demeure.

Le risque naturel demeure lui aussi. Car la construction des barrages (prévus depuis des années et qui coûteraient bien moins cher qu’une inondation de type 1910) s'est heurtée pendant des années à l’opposition idéologique de Mme Voynet. Le retour aux bonnes pratiques d’entretien du lit de la Marne n’a pas encore été envisagé puisque ça risquait de déranger… les poissons. Est-ce que cela va changer ? Roselyne Bachelot, la nouvelle ministre de l'Ecologie, semble décider à relancer la machine puisqu'elle a annoncé le lancement de programmes d'action. Elle n'ose pourtant pas casser le tabou écolo contre les barrages et, au vu du passé et des délais fixés par la ministre pour ses programmes, on peut douter de la capacité de son administration à dépenser efficacement ses crédits.

Comme d’habitude dans notre pays, il faudra sans doute qu’une catastrophe arrive pour que les responsables se réveillent enfin. Nous voulons de vraies mesures. Des mesures reposant sur des constats sérieux et des bases scientifiques. Pas des mesures bidons reposant sur des préjugés écologistes et des approximations douteuses. Votre PPRI a l’avantage de ne rien vous coûter mais il ne résout rien !

L’association PPRI continue donc de se battre.

Pour défendre les Bords de Marne et donc pour une prévention véritable.