Un Plan de Prévention du Risque Inondation. Depuis la loi Barnier (2 février 1995), les PPRI remplacent les plans de prévention des risques naturels (PPR) instaurés par la loi du 22 juillet 1987.

La prévention, tout le monde est pour. Nous comme les autres ! Nous plus que les autres puisque nous habitons des zones (îles ou quais) inondables ! Mais il y a prévention et prévention !

Pondre un PPRI, c’est bien. C’est même très bien du point de vue de l’administration puisque ça réduit un risque embêtant : celui de voir un préfet traîné en justice après une catastrophe. D’où la tentation d’élaborer des PPRI bâclés qui dédouanent l’administration mais qui ne protègent personne (les vraies mesures de prévention - barrages, etc. - étant passées à la trappe car elles coûtent soi-disant trop chers).

Appelons un chat un chat ! Derrière les jolis mots dont se gargarisent nos hommes et femmes politiques (la prévention, le principe de précaution, etc.), il y a la réalité. La loi Barnier, comme beaucoup de nos lois, est une loi de circonstance. Elle a été votée juste après le désastre de Vaison-la-Romaine pour faire croire au bon peuple que l’on prenait des mesures. Des PPRI allaient voir le jour mais seulement dans quelques endroits très dangereux et pas très peuplés : là où des maires irresponsables avaient laissé construire dans le lit majeur de torrents. Aucun homme politique ne pensait que ça irait plus loin.

C’était compter sans la dissolution douteuse de Mr Chirac et l’arrivée de Mme Voynet au ministère de l’Environnement et de l’Equipement. Des écolos au gouvernement ? Pourquoi pas après tout. Pour nous qui avons choisi de vivre aux Bords de Marne, l’environnement est quelque chose d’important. Le problème, c’est que nos politiciens écolos sont des écolos de salon et des politiciens pas encore très doués. Résultat : le ministère de l’Environnement était sans vrai pouvoir ; maintenant, il en a davantage mais il a tout de la pétaudière (cf. la gestion de la crise de l’Erika). Autre résultat : Voynet poussant à la roue et les préfets s’activant pour échapper au risque (de procès, pas d’inondation), les PPRI fleurissent un peu partout (il devrait y en avoir 5000 en 2005) et sont faits en dépit du bon sens. C’est le cas du PPRI du Val de Marne.

Et aujourd’hui ? La « France d’en bas » a, paraît-il, droit à tous les égards. Nous autres, pauvres inondables, faisons évidemment partie de cette France maltraitée par les technocrates. Daignera-t-on enfin nous écouter ? On verra… et on jugera.