
La préhistoire
2 février 1995 : Vote de la Loi Barnier . Cette loi de circonstance (elle intervient après la catastrophe de Vaison-La-Romaine) modifie les Plans de prévention des Risques Naturels Prévisibles (PPR) institués par la loi du 22 juillet 1987. Si un PPRI ne voit pas le jour dans une commune à risque, le préfet devient responsable en cas de catastrophe. Doù lempressement de certains à élaborer un PPRI, même bâclé.
20 avril 1998 : Le Préfet du Val de Marne prescrit un PPRI dans son département. Treize communes de la vallée de la Seine (Ablon-sur-Seine, Alfortville, Charenton-le-Pont, Choisy-le-Roi, Créteil, Ivry-sur-Seine, Limeil-Brévannes, Maisons-Alfort, Orly, Valenton, Villeneuve-le-Roi, Villeneuve-Saint-Georges et Vitry-sur-Seine) et quinze communes de la vallée de la Marne (Alfortville, Bonneuil-sur-Marne, Bry-sur-Marne, Champigny-sur-Marne, Charenton-le-Pont, Chennevières-sur-Marne, Créteil, Joinville-le-Pont, Le Perreux-sur-Marne, Maisons-Alfort, Nogent-sur-Marne, Ormesson-sur-Marne, Saint-Maur-des-Fossés, Saint-Maurice et Sucy-en-Brie) sont concernées. Quatre des 24 communes sont concernées par les deux vallées.
Septembre 1999 : Nos îles et berges figurent en bonne place dans le sujet central (Les Paradis autour de Paris) de la revue Geo.
Janvier 2000 : Lîle du Moulin, sévèrement frappée par
la tempête de décembre,
reste 10 jours sans eau, électricité, téléphone
à 10 km de Paris. Le câble
reliant lîle au continent a été coupé par un arbre de lîle dAmour.
LEDF fait tout ce quelle peut mais les services de la Navigation refusent de
donner leur autorisation pour lintervention
au motif que " ce
nest pas la peine de rebrancher ces gens-là qui doivent partir de toutes
façons ". LEDF, service public encore digne de ce nom, intervient quand
même avec laide des pompiers. Quant aux "gens" en question, ils ne savent
pas quils doivent partir et ils ne savent pas que la Navigation (payée avec leurs
impôts) se permet ce genre de comportement qui relève de la non-assistance à
personne
en danger. Ils napprendront quen mai ce comportement honteux de la Navigation.
11 janvier 2000 : Rencontre entre lAPPRIMS 94 (Association pour la Protection des riverains et pour la prévention des risques dinondation de la Marne et de la Seine en Val de Marne), qui regroupe des maires opposés au projet de PPRI, et le préfet de la Région Ile-de-France, Jean-Pierre Duport. Les maires soulignent quune crue de la Seine ne peut se régler dans le seul Val de Marne et aux dépens de celui-ci. Le préfet refuse que lon prenne plus de temps pour faire des études sérieuses car cela repousserait le PPRI juste avant les municipales.
28 mars 2000 : Le Conseil municipal de Bry-sur-Marne donne un avis défavorable au projet de PPRI.
Avril 2000 : Dans un Flash de la Vie à Bry, la municipalité lance un appel aux Bryards pour quils la soutiennent dans ses démarches pour faire modifier le projet de PPRI. Ce Flash ne contient malheureusement pas assez dinformations sur le règlement de la zone rouge et nattire guère lattention. Les informations fournies par la Préfecture à la Mairie nauraient été, ni claires ni cohérentes (plusieurs versions, des couleurs de zones qui restent les mêmes mais avec des définitions qui changent, etc.), et nauraient pas permis de déceler tous les problèmes.
Quelle que soit leur couleur politique, on peut dire que les mairies concernées nont pas fait preuve dune grande clairvoyance. Beaucoup de maires nont rien vu venir. Ceux qui étaient en même temps députés avaient mieux à faire à Paris et ont abandonné le bébé à des adjoints plus ou moins efficaces. Dautres maires nont vu que quelques-uns des problèmes posés par ce projet de PPRI. Habitués à leur train-train municipal et aux petits arrangements, ils ont cru que ce PPRI de "reconquête" allait être édulcoré en cours de route. Quand ils se sont réveillés, il était trop tard. Le travail de lobbying quils auraient pu mener tous ensemble (par exemple, à travers une APPRIMS moins ronronnante) en direction du gouvernement na pas été fait. Quant aux services techniques des mairies (théoriquement plus à même dévaluer la qualité du zonage et de comprendre la gravité de certaines mesures prévues par le règlement du projet de PPRI), on ne peut que constater quà de rares exceptions près ils ont été dune compétence toute relative. Cela peut se comprendre dans de petites municipalités manquant de moyens mais ailleurs !
Avril 2000
: Cest la date à laquelle les gestionnaires de réseaux de fluides
(eau, gaz, électricité) et dinfrastructures de transport auraient du présenter au
préfet une étude sur la vulnérabilité de leurs installations. Ils ont eu deux ans pour
le faire. On attend encore. Le préfet (qui a demandé cette étude) sen passe ce
qui montre bien que le projet de PPRI nest pas là pour réduire les risques pour
les populations. Il est juste là pour protéger ladministration contre
déventuels procès.
26 avril 2000 : La Préfecture du Val de Marne fournit aux journalistes un dossier de presse sur le PPRI. La plupart des incohérences
du projet de Plan y apparaissent déjà. On reconnaît que les inondations de la Seine et
de la Marne sont des phénomènes lents mais on prône des mesures de contrôle jusque-là
réservées aux zones exposées à des flux torrentiels. Aucune véritable mesure de
protection napparaît derrière les incantations sur le thème de la crue de 1910. Techniquement, le dossier
napprend rien et pour cause, aucune étude sérieuse na été entreprise avant
le lancement de ce PPRI. On se garde bien dans ce dossier dévoquer des clauses
comme linterdiction de reconstruire en Zone rouge. Mal informés, les journalistes
ne risquaient pas dinformer les riverains qui ignorent encore tout de ce que
ladministration leur prépare.
2 mai 2000 : Début de lenquête publique dans les 24 communes concernées. Cette enquête est ouverte jusquau 31 mai (alors quun sujet moins sensible, comme le Plan de déplacement urbain, a droit lui à une enquête plus longue).
Nous réagissons Mai 2000 : Les habitants de lîle du Moulin découvrent, par hasard, lexistence du projet de PPRI. Ils se rendent à la réunion de quartier organisée par la Mairie pour traiter de questions diverses et soulèvent la question du PPRI et du règlement de la zone rouge. Le Maire de Bry, Mr. Spilbauer, leur apprend que le Conseil municipal a donné en mars un avis défavorable au projet de PPRI et leur conseille de se battre.Mai 2000 : Un tract "bricolé" par les habitants de lîle du Moulin et attirant lattention des habitants sur la menace que le projet de PPRI représente pour leur patrimoine est distribué dans lîle (voisine) des Loups et sur les quais, à Bry-sur-Marne et au Perreux. Suite à ce tract, le maire du Perreux convoquera une réunion dinformation sur le PPRI le 30 mai. Une association verra le jour au Perreux (Association de lutte pour un PPRI équitable, ALPPE).
25 mai 2000 : Création de lAssociation des îles dAmour et du Moulin.
Mai 2000 : LAssociation des îles dAmour et du Moulin, vite rejointe
par
des habitants du Quai Ferber, incite les habitants à aller en mairie pour annoter le
registre denquête. Ils font signer une pétition contre ce PPRI qui sera annexée
au registre denquête. Le même travail seffectue côté Perreux avec les
personnes qui vont créer lassociation ALPPE.
27 mai 2000 : Le Préfet reçoit une délégation dhabitants de lîle Sainte-Catherine, conduite par Laurent Cathala, député et maire de Créteil. Informés par des habitants de lîle Fanac, des habitants de lîle du Moulin et de lîle des Loups se joignent à la manifestation devant la préfecture. Catherine Tarbouriech (présidente de lAssociation des îles dAmour et du Moulin) se glisse dans la délégation reçue par le Préfet et intervient sur le problème de la non-reconstruction (zone rouge).
Fin mai 2000 : Fin de lenquête publique. A Bry-sur-Marne, 242 personnes se sont
exprimées sur le registre denquête ou à travers la pétition, rédigée par nos
soins, qui a été annexée au cahier. La même pétition a également été annexée au
registre du Perreux (277 interventions du public). Les deux communes (Le Perreux et Bry)
figurent en 2e et 3e position pour le nombre dobservations consignées ou annexées
aux registres denquêtes (derrière Choisy le Roi, mobilisée par lassociation Les Inondables ).
12 juin 2000 : Parution dun premier article dans le
Parisien Val de Marne (interview - axée sur la zone rouge - de la présidente de
lAssociation des îles dAmour et du Moulin et annonce de la réunion du 13
juin).
13 juin 2000 : Création de lassociation "Pour la Protection des Riverains et des Iliens" regroupant des habitants des îles et des riverains de Bry-sur-Marne. Une soixantaine de personnes participent à cette création. Le maire de Bry-sur-Marne, Mr. Spilbauer, intervient lors de la réunion et assure les présents du soutien total de la municipalité. Il affirme que celle-ci est décidée à se battre jusquau bout, recours devant les tribunaux compris.
15 juin 2000 : Le journal Le Parisien, édition du Val de Marne, rend compte de la réunion de création, ainsi que des propos du maire de Bry.
16 et 17 juin 2000 : Le journal régional de FR3 consacre un sujet au PPRI comprenant une interview de la présidente de lassociation "Pour la Protection des Riverains et des Iliens" et une interview du député Gilles Carrez (qui névoque que le cas du Perreux). LINA réalise également un reportage incluant des propos de la présidente.
18 juin 2000 : Distribution sur plusieurs marchés - dont celui de Bry - dun tract contre le PPRI. Ce tract est commun à 8 associations : Association de lîle des Loups et des Bords de Marne (Nogent), Association de lutte pour un PPRI équitable (Le Perreux), Association des îles dAmour et du Moulin (Bry-sur-marne), Association pour la Sauvegarde de lEnvironnement de Polangis (ASEP, Joinville-le-Pont), Association syndicale des propriétaires de lIle des Loups (ASPIL, Le Perreux), Comité de lîle Fanac (Joinville-le-Pont), Comité de sauvegarde du Bras du Chapître et de ses abords (Créteil), Pour la Protection des Riverains et des Iliens (PPRI, Bry-sur-Marne). Après la distribution de ce tract, lassociation est présente les trois dimanches suivants sur le marché de Bry et y informe les Bryards.
19 juin 2000 : Réunion de lAPPRIMS 94
21 juin 2000 : A la demande de lassociation PPRI, le Conseil municipal de Bry-sur-Marne confirme son avis défavorable au projet de PPRI, en insistant notamment sur les règles concernant la zone rouge.
23 juin 2000 : Démarrage de notre site internet : http://membres.lycos.fr/ppri
28 juin 2000 : Lassociation PPRI envoie une lettre à Philippe Vesseron, directeur de la Prévention des Pollutions et des Risques, Délégué aux risques majeurs, Ministère de lÉquipement et de lEnvironnement. Aucune réponse à ce jour : "la concertation ne s'use que quand on ne s'en sert pas !".
30 juin 2000 : Lassociation PPRI envoie une lettre à Jean-Paul Huchon, Président du Conseil régional de lIle de France. Aucune réponse à ce jour.
Début juillet : Lassociation PPRI passe le cap des 500 adhérents.
4 juillet 2000 : Une lettre co-signée par six associations (Association de lîle des Loups et des Bords de Marne, Association de lutte pour un PPRI équitable, Association des îles dAmour et du Moulin, Association syndicale des propriétaires de lIle des Loups, les Inondables (Choisy), Pour la Protection des Riverains et des Iliens) est envoyée au Préfet du Val de Marne. Notre association encourage tous ses adhérents et sympathisants à envoyer leur propre lettre.
10 juillet 2000 : Le Rapport de la Commission dEnquête est disponible en mairie. Ses conclusions sont accessibles sur notre site. La Commission est favorable au PPRI mais émet un grand nombre de recommandations et de réserves. La plupart des arguments que nous avançons depuis le début sont repris par ce rapport.
10 juillet 2000 : Parution dun troisième article sur lassociation dans le Parisien Val de Marne.
11 juillet 2000 : Lassociation, ainsi que celle du Perreux (ALPPE), le député Gilles Carrez et lancien maire de Bry, Mr. Lasne, sont reçus dans laprès-midi par le préfet Idrac.
Une réunion dinformation des adhérents a eu lieu dans la foulée à la Salle des Conférences de la Mairie de Bry. Un compte-rendu a été envoyé aux adhérents.
En résumé, deux hypothèses ont été mentionnées par le préfet.
Soit, il maintient à peu près tout en létat : les zones actuelles et la clause de non-reconstruction. (Et nous partons tous à lassaut devant les tribunaux, avec aussi des manifestations dès la rentrée).
Soit, il créé une nouvelle nuance de couleur. Le rouge et ses restrictions absurdes sont réservés à une ligne étroite sur les berges. Un rouge hachuré (ou orange hachuré) entre en vigueur pour les zones habitées qui étaient dans le rouge jusque-là : cette nouvelle zone serait temporaire - en attendant des études plus poussées - et permettrait la reconstruction après sinistre.
Au cours de cette réunion avec le préfet, nous avons appris quune erreur sétait glissée dans le plan de Bry qui a été présenté dans le cadre de lenquête publique. (Encore une preuve du manque de rigueur qui a présidé à lélaboration de ce PPRI, ainsi que du manque de respect de ladministration pour les citoyens). Tout le Quai Ferber serait donc en rouge alors quune partie figurait en violet sur le plan de zonage. Habitants du début du Quai Ferber, renseignez-vous !
12 juillet 2000 : Une réunion extraordinaire du Conseil municipal de Créteil prend à
lunanimité des présents (les élus verts se sont défilés, nosant sans
doute pas assumer publiquement leur soutien au PPRI) une délibération qui demande au
préfet de tirer les conséquences des réserves et recommandations formulées par la
Commission dEnquête et damender en ce sens les prescriptions du PPRI.
Le Conseil municipal autorise le maire à engager toutes voies de recours tendant
notamment à obtenir le sursis à exécution du PPRI du Val de Marne.
Notre association a rencontré le 18 juillet au soir le maire de Bry, M. Spilbauer. Ce
dernier a pris une position tout aussi ferme. Si le préfet prend un arrêté nous
maintenant en zone rouge ou dans une zone rouge ou orange hachurée temporaire, une action
en justice (avec demande de sursis à exécution) sera immédiatement entreprise par la
mairie de Bry, action en justice qui viendra sajouter à la nôtre (ou aux nôtres).
On aimerait que toutes les municipalités concernées adoptent des positions aussi claires
et nettes.
Des informations circulent qui vont dans le sens des entrevues du 11 juillet (avec nous) et du 20 juillet (avec les maires membres de lAPPRIMS).
Deux nouvelles zones seraient créées : orange hachurée en rouge (nos quais) et rouge hachurée en orange (nos îles). La clause interdisant la reconstruction en cas de sinistre ne subsisterait plus que dans la zone vraiment rouge qui ne concerne plus quune étroite bande (non habitée) des rives, ainsi que des îles non habitées. Des études complémentaires (sur les débits) sont prévues pour ces deux nouvelles zones.
Nous attendons le texte lui-même pour juger en toute connaissance de cause.
31 juillet : Le Maire du Perreux (et notre député), Gilles Carrez, crie victoire dans une lettre aux Perreuxiens.On ne peut que se féliciter de ce souci dinformation qui tranche avec lattitude passée de la Mairie du Perreux (réunion dinformation sur le PPRI convoquée seulement la veille de la clôture de lenquête publique).
Gilles Carrez considère cette victoire comme étant aussi la sienne. Cela prouve quil a changé davis en cours de route et nous nous en félicitons aussi. On aurait pourtant aimé quil le manifeste plus clairement et plus tôt. Par exemple, en ne faisant pas adopter par le Conseil municipal du Perreux une délibération favorable au projet initial de PPRI (Pour mémoire, la Municipalité de Bry, elle, a pris deux délibérations hostiles à ce projet).
Quant aux informations sur le nouveau texte de PPRI figurant dans cette lettre, elles sont pour le moins sommaires. Gilles Carrez affirme par exemple que les études hydrauliques " ne remettent pas en cause les règles durbanisme de cette zone ". Pour notre part, nous pensons quil vaut mieux sen préoccuper et les suivre de près. Et un texte comme le PPRI mérite dêtre étudié dans le détail avant de lancer un cocorico très "pré-électoral".
2 août : Réunion de la présidente et du vice-président de notre association avec le Maire de Bry pour étudier le nouveau PPRI (texte toujours pas disponible mais Jacques Lasne a pris la peine daller létudier en Préfecture).Nos premières impressions :
Le pire a été
évité. On échappe à la zone rouge qui se traduisait par une
dévalorisation immédiate des biens (certificat durbanisme négatif) et qui nous
faisait courir le risque de tout perdre (avec sa clause de non-reconstruction après
sinistre). On échappe aussi aux années de procès quil aurait fallu lancer
pour
faire annuler la clause de non reconstruction.
Mais le danger subsiste. Pour les deux zones nouvellement créées (orange
hachuré rouge et rouge hachuré orange), des études complémentaires vont être
entreprises d'ici la fin 2002 et des modifications restent possibles. Dans son entrevue du 11 juillet, le Préfet a laissé entendre que ces
modifications ne pourraient être que plus favorables aux habitants mais cette garantie ne figure
pas dans le texte du PPRI.
Il existe aussi un danger au niveau de l'interprétation du texte. Par exemple sur
la notion de travaux d'entretien courant en zone rouge hachurée
orange.
Pas question de se démobiliser trop vite. L'application de ce texte et les études
doivent être surveillées de près.
Depuis l'approbation du PPRI du Val de Marne :
L'association a choisi de ne pas aller en justice (pour l'instant). Cela ne veut pas dire qu'il n'y a plus rien à faire.
Nous avons appris à nos dépens - avec le PPRI première version qui a failli
passer en catimini - que nous ne pouvons avoir qu'une confiance limitée dans les administrations, les services techniques municipaux et certains élus.
Il faut maintenant s'organiser pour une bataille plus longue et plus technique. C'est-à-dire aller à la recherche des informations pour ne plus
être pris au dépourvu et améliorer l'outil qu'est notre association : la rendre encore plus
efficace (Encore une fois, toutes les bonnes volontés
sont les bienvenues, n'hésitez pas à nous contacter en nous proposant des idées ou en nous
précisant vos compétences particulières) et la faire
connaître aux riverains mais aussi à la presse.
Nous poursuivons donc nos contacts tous azimuts avec des administrations, services techniques, etc :
Une visite a eu lieu au barrage réservoir Marne. L'institution responsable -
Institution interdépartementale des barrages-réservoirs du Bassin de la
seine ou IIBRBS - nous a confirmé que les projets (Zone de la Bassée et
barrage de la Saulx) étaient en sommeil depuis 2/3 ans alors qu'ils
pourraient améliorer considérablement la situation en cas de crue. A noter
que ces fameux barrages qui hérissent tant Mme Voynet réjouissent d'autres
écolos : le lac de Der a permis un développement important du tourisme
écologique (des grues et d'autres oiseaux font maintenant étape sur ce lac
aménagé).
Il semble par ailleurs que nous devons faire notre Mea Culpa vis à vis de l'IIBRBS : nous avions émis des doutes sur sa gestion des barrages (à cause
des bases de loisirs) alors que les explications fournies confirment le
sérieux de cette gestion. Une autre visite - inopinée - va dans le même sens
: les réservoirs sont bel et bien vidés avant l'hiver.
Une rencontre a eu lieu avec la Corima - à travers son président, le maire
adjoint de Meaux - qui regroupe 120 communes de 5 départements (dont le Val
de Marne) et qui a pour but de trouver des moyens de prévention et d'alerte
en cas de crue de la Marne. La Corima a longtemps ronronné mais semble
bouger davantage. Elle souhaite s'ouvrir à d'autres communes et pouvoir
ainsi influer sur les mesures de protection des riverains et d'entretien du
fleuve entre Paris et Meaux. Notons que le PPRI de Seine et Marne est en
cours d'élaboration et que le récit de notre propre expérience a intéressé
notre interlocuteur.
Une rencontre a également eu lieu avec le responsable du service d'annonces
des crues de Paris (DIREN). Signalons que le bulletin d'annonce (créé au
printemps 2000) est accessible à l'adresse :
www.environnement.gouv.fr/ile-de-France/annoncecrues/
Et maintenant ?
Pendant plusieurs mois, notre activité n?a pas cessé mais elle était moins visible. Dans l?attente des études complémentaires, nous avons multiplié nos contacts avec d?autres associations (grâce à ce site, plusieurs associations nous ont contactés ces derniers mois), avec des administrations, organismes et groupements (la Corima par exemple) susceptibles de fournir des informations ou d?oeuvrer dans le sens d?une protection à la fois véritable et respectueuse des riverains et îliens.
Nous avons évidemment tout fait
pour nous procurer le texte du cahier des charges concernant les études
hydrauliques complémentaires. Pourquoi ? Tout simplement parce qu?une étude
c?est comme un sondage. Suivant la façon dont on pose les questions, on
influence les résultats ! Nous voulions donc savoir ce qui était précisément
demandé au cabinet d?études hydrauliques.
Nos demandes aussi polies que régulières
n?ont pas abouti.
En son temps, le préfet chargé de concocter le projet de PPRI (Francis Idrac) avait eu une conception plutôt étroite de la concertation. Il n?avait informé que les maires (plus ou moins motivés et plus ou moins portés sur la communication en direction de leurs administrés) et les services techniques (plus ou moins compétents) des municipalités. Et même cette ?concertation? limitée avait laissé à désirer tant elle s?avérait être à sens unique.
Sur le tard, le préfet Idrac
avait pourtant corrigé le tir et avait reçu des associations d?habitants des
Bords de Marne (dont la nôtre). La création des zones temporaires
(rouge-orange) montre que nos arguments avaient au moins en partie porté.
De toute évidence, le successeur de Francis Idrac, le préfet Pierre Mirabaud ne démarre pas mieux puisqu?il a tenu à garder pour lui et ses services le contenu du cahier des charges. Il a attendu le plus longtemps possible et n?a finalement fourni ce document - plutôt succinct - qu?aux mairies. C?est par ce biais que nous l?avons eu.
Espérons que, comme son prédécesseur,
le préfet Mirabaud va s?améliorer à l?usage et qu?il comprendra ce que
soulignent plusieurs rapports officiels et textes administratifs: une bonne prévention
(et le PPRI est censé être un outil de prévention) suppose que l?on informe
correctement les citoyens et qu?on les associe aux décisions. Espérons, par
exemple, que ? contrairement à la réunion du 19 décembre 2001, à laquelle
n?ont été conviées que quelques mairies ? nous serons conviés à la
prochaine réunion organisée à la préfecture du Val de Marne !
En attendant ces progrès, moins l?administration sera transparente, moins elle nous semblera crédible.
Et le fait de nous cacher si
longtemps le cahier des charges ne nous empêche évidemment pas de le
critiquer.
Premier constat, le cahier des charges ne tient pas compte de l?existence des barrages. On pouvait s?y attendre. Le cahier des charges ne fait que reproduire une erreur (ou une escroquerie intellectuelle, à votre choix) déjà commise dans le PPRI.
Encore et toujours, on nous
affirme que la référence, c?est la crue de 1910 (ou crue centennale) dont
les hauteurs d?eau ont été reportées sur les cartes actuelles de la région
pour tenir compte de l?urbanisation depuis cette date. Mais on refuse d?intégrer
d?autres évolutions qui sont intervenues depuis 1910: la construction des
barrages mais aussi les améliorations apportées à la Seine amont (qui se
traduisent par un bien meilleur écoulement). En fait, rien qu?en omettant les
barrages, on fausse déjà tout. On affiche 1910 comme référence officielle
mais on nous inflige des aléas qui sont pour la Marne ceux de la crue
tricentenaire et non ceux d?une crue centennale. (cf. Hydratec Etude sur
la mise en ?uvre de la réduction de la vulnérabilité au risque
d?inondation).
Tout cela au motif que les
barrages ne seraient pas efficaces en cas de crue historique, une affirmation répétée
sans cesse par les écologistes les plus sectaires mais qui n?est pas vraie
pour autant (cf. note sur les
chiffres concernant les pluies exceptionnelles de la fin décembre 2001) Les
barrages ne suffiront évidemment pas à empêcher une crue historique mais ils
ont une action positive (variable en fonction de leur taux de remplissage et
donc du moment où interviendrait la grande crue). Et cette action - même limitée
- peut jouer un rôle déterminant si elle intervient à un moment-clé et empêche
que coïncident les ondes de crues de la Marne et de la Seine (coïncidence qui
constitue une des conditions de la répétition de la crue de 1910).
Deuxième constat. Non seulement
on fait comme si les quelques barrages réalisés (38 % du programme prévu)
n?existaient pas, mais on fait maintenant disparaître, comme par un coup de
baguette magique, le tunnel de St Maur. C?est écrit noir sur blanc dans le
cahier des charges: l?étude ne doit pas tenir compte de ce tunnel.
Pourquoi ? Ce tunnel existe
(depuis 1813) et il a évidemment une influence sur les débits même s?il ne
constitue pas une panacée.
Des preuves de cette influence, on en trouve notamment dans la récente étude de l?IIBRBS (document fourni l?année dernière sur CDrom à toutes les administrations et mairies concernées mais dont on se demande qui a pris la peine de le lire).
Dans le chapitre Modèle
sectoriel MN3 Hydratec 98, il est écrit: « le tunnel de St Maur est en
principe utilisé en temps de crue pour dériver une partie du débit. Ceci
entraîne un abaissement sensible du niveau d?eau au droit du pont de
Joinville et en amont (de l?ordre de 70 cm pour une crue type 1955) ».
Or, nous savons tous que - pour la Marne et dans nos parages - la crue de 1955
est à peu près comparable à celle de 1910. Certains considèrent même que
cette crue de 1955 constituerait une meilleure crue de référence.
Dans un autre chapitre (Définition
du modèle hydraulique de calage) de cette étude de l?IIBRBS qui constitue le
travail le plus complet et le plus sérieux sur notre bassin, il est encore écrit:
« Le tunnel de St Maur est équipé d?une vanne de décharge au
droit de l?actuelle écluse, permettant de contrôler le débit dérivé en
temps de crue. Il contribue ainsi à abaisser les niveaux d?eau de crue
dans la boucle de St Maur et en amont par effet de remous jusqu?à l?écluse
de Neuilly-sur-Marne. L?aménagement est opérationnel depuis 1939. La
vanne secteur est mise en route dès que les PHEN sont atteintes au pont de
Joinville (32 NGF). Le débit maximum évacué est de 250 m3/s ». L?étude
poursuit en donnant la courbe moyenne de dérivation (par exemple, 220 m3/s de débit
dérivé pour un débit amont de 800 m3/s).
Tout semble donc indiquer que le tunnel et sa vanne ont un effet et un effet bénéfique. Nous pouvons comprendre que cet effet du tunnel de St Maur plafonne à un certain niveau et qu?il soit proportionnellement moins important en cas de crue historique (on ne peut pas laisser l?eau s?y engouffrer librement sous peine de risquer sa destruction). Nous pouvons aussi comprendre que cet effet soit inexistant une année donnée pour des raisons précises (des travaux par exemple).
Mais nous ne comprenons pas que
cet ouvrage ne soit pas pris en compte dans des études qui se veulent sérieuses.
De deux choses l?une.
Ou bien cet ouvrage fonctionne
et il faut en tenir compte.
Ou bien le préfet le supprime
des calculs parce que l?ouvrage n?est pas en état et on peut alors se poser
d?autres questions.
Cet Etat qui dit vouloir
diminuer les risques (tout en refusant de terminer son programme de barrages
conçu il y a bien longtemps dans ce but), n?est-il pas en train de nous
faire courir un risque supplémentaire ? Si cette vanne ou le tunnel lui-même
ne sont pas en état, pourquoi n?y est-il pas apporté remède ? L?existence
d?un PPRI a l?avantage de couvrir le préfet. Mais n?est-il pas en train
d?avouer qu?un élément protecteur n?est pas en état de jouer ce rôle
et que lui, l?autorité suprême du département, le sait et ne fait rien.
Pour en savoir plus, nous avons pris contact avec les voies navigables qui nous ont aimablement répondu (sans toutefois nous fournir d?indications sur le fonctionnement de l?ouvrage lors de la crue de 1955, ni d?explication valable sur cette absence de chiffre pour cette année). On ne peut pas dire que les éléments fournis nous rassurent. Ils confirment évidemment que l?ouvrage de St Maur permet d?atténuer sensiblement les effets d?une crue ordinaire (retour inférieur à 10 ans) mais aussi son état de vétusté. Cet état de vétusté oblige à limiter le débit dérivé à 120 m3/s (au lieu des 250m3/s théoriquement possibles).
On ne peut évidemment pas
demander l?impossible à ce tunnel et à l?organisme qui le gère mais il
nous semble pourtant y avoir de la marge. Et puisque l?heure est, paraît-il,
à la prévention des inondations, pourquoi ne fournit-on pas des crédits
permettant de remettre en état cet ouvrage ?
Ces observations ont été
transmises à divers élus. Lors de la réunion qui s?est tenue le 19 décembre
2001 à la préfecture pour parler des premiers résultats de l?étude
hydraulique complémentaire, l?un d?entre eux les a répercutées. Quand
consentira-t-on à corriger les aléas pour intégrer ce facteur fondamental ?
Quant à l?étude elle-même, ses résultats ne sont pas encore validés et n?ont pas été fournis. Nous avons toutefois de premières indications.
En ce qui concerne les durées de submersion, les résultats ne seraient pas très bons pour Bry Cela vaudrait non seulement pour l?infamante zone rouge mais aussi pour des endroits en zone orange, comme La Pépinière. Ce critère ne saurait donc justifier aucune aggravation du PPRI pour les quais et les îles qui ont, sur ce plan, l?avantage de disposer d?un écoulement naturel.
En ce qui concerne les
vitesses d?écoulement, l?échelle des cartes présentées interdisait
toute lecture précise mais des aberrations comparables à celles enregistrées
pour le zonage ne sont pas à exclure.
Dès que nous en saurons plus
sur l?étude, nous informerons sur ce site mais aussi par courrier tous nos
adhérents.
Et nous espérons évidemment
que le préfet du Val-de-Marne, acceptera de recevoir notre association pour
discuter des résultats des études et entendre le point de vue de ceux qui
vivent la Marne au quotidien depuis de nombreux hivers. Pour nous, la
concertation a un sens. Espérons qu?il partage ce point de vue. Sinon il nous
faudra peut-être repartir à l?attaque.
Un autre préfet, celui de la région Ile-de-France, Jean-Pierre Duport, s?est lui récemment illustré dans un registre plutôt douteux. En théorie, un préfet est censé garantir le calme aux citoyens (Corse mise à part évidemment) mais celui de la région Ile-de-France semble avoir une conception très particulière du calme puisqu?il a claironné (à la télé, à la radio et dans diverses gazettes) début décembre que la crue historique était sans doute pour cet hiver car les nappes étaient saturées.
Jean-Pierre Duport a-t-il une boule de cristal ? Au lieu de gesticuler et de semer gratuitement l?alarme en prédisant quelque chose que les météorologues eux-mêmes avouent ne pas savoir, est-ce qu?il ne ferait pas mieux d?améliorer la protection de la région? Oui, M. le préfet, il a beaucoup plu sur la région parisienne et les nappes sont saturées. Mais pour que 1910 se reproduise, il faudrait aussi que l?hiver soit pourri (et la météo refuse de prédire si loin) et que se chevauchent les crues de la Seine, de la Marne et de l?Yonne (toujours non maîtrisée). Personne ne peut faire aujourd?hui un tel diagnostic.
Ces propos alarmistes dans la
bouche de quelqu?un qui devrait au contraire raisonner pour le bien de tous
les Franciliens sont choquants. Le préfet Duport est en train d?ouvrir son
parapluie médiatique. Il crie aujourd?hui à l?inondation catastrophique
juste pour pouvoir nous asséner un « Je vous l?avais bien dit ! »
au mois de févier ou mars si jamais le pire se réalise. Il pourra ainsi se
vanter d?avoir vu venir un éventuel désastre et faire oublier qu?il
n?aura rien fait pour l?empêcher (ou l?atténuer). Il rejoint en fait les
écologistes de salon - salons politiques inclus - qui disent se préoccuper des
inondations mais qui bloquent tout ce qui peut réduire le risque: les barrages
parce que ça n?est pas écologique (alors que le barrage-réservoir du Der
est devenu un habitat de grues), l?entretien des cours d?eau (parce que ça
risque de déranger les petits poissons). Moins de prédiction douteuse et plus
de protection sérieuse, M. le préfet de région! Il n?y a pas que les petits
poissons dans la vie, il y a aussi des millions de banlieusards.
Signalons que le
ministère de l?Environnement a organisé (18 déc. 2001) une réunion pour fêter
le 3000ème PPR (dont nos 28 PPRI du Val de Marne mais aussi des PPR
concernant les incendies de forêts, etc) sur les 5000 prévus d?ici 2005. On
s?est bien gardé d?inviter des associations comme la nôtre (ou d?autres)
qui pointent du doigt le manque de rigueur scientifique de beaucoup de ces Plans
et posent des vraies questions: pourquoi le ministère consacre des millions
(100 MF par an soit 15 M euros) à ces plans et rien à des travaux concrets de
protection ?
2002, La France d?en bas
La grande nouvelle de cette année, c?est qu?il paraît qu?on va enfin tenir compte de la « France d?en bas ». Si c?est vrai, on devrait en profiter. Après tout, rien n?est plus bas que des inondables (sauf bien sûr nos camarades inondés qui n?ont ? hélas - pas manqué cette année).
Est-ce que les bureaucrates vont enfin nous écouter ? Certains d?entre nous auront du mal à le croire .
Une chose est sûre : Mme Voynet n?est plus ministre de l?Environnement. Vu le traitement qu?elle nous a réservé, nous ne nous en plaignons évidemment pas. Mais nous tenons aussi à rappeler que nous n?avons rien contre l?écologie. Le choix de notre cadre de vie ? les Bords de Marne ? montre d?ailleurs à quel point nous sommes sensibles à un environnement de qualité.
Notre problème, ça n?est pas l?écologie, ce sont certains écologistes qui prennent leurs a-priori pour des vérités scientifiques, qui font passer les poissons avant les humains et qui parlent de démocratie participative sans jamais prendre la peine de venir faire des travaux pratiques sur nos rives.
Nous avons aussi changé de préfet de région.
Là encore, nous n?avons rien à regretter. Le sortant (M. Duport) s?était distingué par ses déclarations retentissantes : pour lui, la crue historique était pour l?hiver 2001-2002. Cet homme-là en savait plus que la météorologie nationale et il s?est complètement trompé. La vraie leçon de l?hiver 2001-2002, c?est que les barrages marchent beaucoup mieux que ce que veulent bien admettre les écologistes et certains fonctionnaires de la DIREN (*).
On a aussi changé de préfet du Val de Marne. Le sortant s?était distingué par son sens bien personnel de la concertation : non seulement, il n?a pas cru bon de rencontrer les associations de riverains mais il ne répondait même pas aux courriers.
Est-ce que son remplaçant vaudra mieux ? Tiendra-t-il compte de la circulaire (1er octobre 2002) de la ministre de l?Environnement qui dit notamment : « Les habitants des zones inondables sont concernés par la mise en ?uvre de la prévention des inondations. Ils sont d?ailleurs parfois constitués en associations. Les plans [de bassin ou de sous-bassins que veut lancer la ministre]devront prévoir la participation de ces associations » ?
On devrait découvrir assez vite comment réagi ce nouveau préfet. Les études complémentaires sont finies depuis des semaines. La date limite était la fin 2002. On devrait donc avoir des nouvelles.
Nous savons déjà ? par le cahier des charges ? que l?effet , favorable pour nous, du tunnel de Saint-Maur a été purement et simplement escamoté (après celui des barrages !).
Nous savons aussi que cette étude (portant pourtant sur une zone peu étendue) ne vaut pas mieux que les précédentes. Pour calculer les vitesses d?écoulement, le cabinet d?études s?est ainsi servi d?un document où l?île du Moulin figure comme zone naturelle. Autrement dit, ils l?ont considérée comme un terrain sur lequel l?eau est censée rencontrer peu d?obstacle et ils ont appliqué dans leurs calculs le coefficient de frottement le plus mauvais possible.
Comme d?habitude, aucune visite sur le terrain n?a eu lieu. Et comme d?habitude, ce sont les habitants qui vont en subir les conséquences. Dès que nous avons découvert cette erreur grave (l?île est habitée depuis longtemps ; avec 11 maisons, elle a une densité équivalente à celle d?un quartier pavillonnaire à Bry) et inexcusable (Pas besoin d?être ingénieur pour se procurer une copie du cadastre !), nous avons écrit au préfet Mirabaud qui n?a pas daigné nous répondre.
Nos arguments ont du pourtant avoir un certain effet. Puisque, avant même qu?on ne nous dévoile les résultats de ces études complémentaires de 2002, on entend déjà parler d?une nouvelle étude en 2003. Question : Combien d?études fera-t-on encore ? Est-ce qu?un PPRI sérieux ne suppose pas que les études soient (bien) faites avant et non après sa promulgation ?
Autre question : Est-ce que, cette fois-ci, ces merveilleux spécialistes en crues de bureaux feront le déplacement sur le terrain et viendront demander à ceux qui vivent là tous les hivers s?il y a pas, par exemple, des courants transversaux pendant les plus fortes crues ?
Les projets de Mme Bachelot
La nouvelle ministre de l?Environnement a annoncé qu?elle souhaitait lancer des projets et prévu quelques petits millions pour ce faire. Le délai pour déposer les propositions est fixé à la fin mars 2003, ce qui nous laisse plutôt sceptique compte tenu des inerties administratives habituelles.
Mais comme nous ne sommes pas des gens négatifs, on peut déjà
lui suggérer quelques idées.
1) Bravo pour La Bassée mais pourquoi ne pas lancer aussi le barrage de La Saulx ? Cet ouvrage qui se trouve également dans les cartons de l?IIBRBS ( l?étude est terminée) n?a rien d?un grand barrage (ce qui devrait rassurer les écologistes) mais il peut faire gagner quelques centimètres qui représenteraient peut-être des milliers d?habitations sinistrées de moins.
2) Et l?entretien de la Marne et de ses affluents ? Là aussi, on peut grignoter quelques avantages. Et si ça n?est pas en centimètres, ça sera au moins en durée ? réduite ? de la période de submersion. Pour des crues de plaine (les nôtres), c?est souvent cette durée qui fait la vraie différence côté dommages et coût des réparations.
3) Et si on gérait convenablement les petits affluents (ex le Morin) pour éviter que des vannages intempestifs s?ajoutent au mauvais moment à une crue de la Marne ?
4) Et si on finançait la rénovation du Tunnel de Saint-Maur et de sa vanne ? En 1955, cette vanne de décharge a fonctionné et protégé de nombreuses habitations. Les Voies navigables n?ont pas les moyens de moderniser cette vanne datant des années 1930. Résultat : elle ne peut plus évacuer que 110 m3/sec au lieu des 250 m3/sec pour lesquels elle a été prévue. Le gain serait de plus d?un mètre pour certains (1,35 m à Joinville) et encore de 50 cm à l?usine de Neuilly sur Marne. Ces 50 cm là sont pourtant importants pour beaucoup de gens puisque cette usine qui les approvisionne en eau potable se trouve en situation de « précarité importante » lors d?un pic de crue (pour une crue de type 1910).
***
(*)
Vous pouvez constater vous-même le rôle des barrages en ce début d?hiver en
profitant de notre lien vers leur site Internet. Les barrages ont parfaitement joué leur rôle lors des pluies
exceptionnelles (et intervenant surs sols saturés et gelés) des 28 et 29 décembre
2001. Un débit de 480 m3/s a été relevé à l?entrée du lac-réservoir
Marne, soit un débit proche de ceux
observés en 1910 et 1955. Entre le 28 décembre et le 4 janvier, 97
millions de m3 ont été stockés par les lacs. Mesuré à Gournay, cela a permis un gain évalué à près de 1 mètre
sur la hauteur d?eau maximale et même 1,25 m en début de décrue. Mesuré
à Paris Austerlitz, le gain a été de plus de 60 cm.
PLUS NOUS RESTONS NOMBREUX ET ACTIFS,
PLUS ON HESITERA A NOUS JOUER UN AUTRE MAUVAIS TOUR
ET PLUS NOS ELUS SERONT ENCLINS A NOUS SOUTENIR