PPRI = DANGER.

La préhistoire

2 février 1995 : Vote de la Loi Barnier . Cette loi de circonstance (elle intervient après la catastrophe de Vaison-La-Romaine) modifie les Plans de prévention des Risques Naturels Prévisibles (PPR) institués par la loi du 22 juillet 1987. Si un PPRI ne voit pas le jour dans une commune à risque, le préfet devient responsable en cas de catastrophe. D’où l’empressement de certains à élaborer un PPRI, même bâclé.

20 avril 1998 : Le Préfet du Val de Marne prescrit un PPRI dans son département. Treize communes de la vallée de la Seine (Ablon-sur-Seine, Alfortville, Charenton-le-Pont, Choisy-le-Roi, Créteil, Ivry-sur-Seine, Limeil-Brévannes, Maisons-Alfort, Orly, Valenton, Villeneuve-le-Roi, Villeneuve-Saint-Georges et Vitry-sur-Seine) et quinze communes de la vallée de la Marne (Alfortville, Bonneuil-sur-Marne, Bry-sur-Marne, Champigny-sur-Marne, Charenton-le-Pont, Chennevières-sur-Marne, Créteil, Joinville-le-Pont, Le Perreux-sur-Marne, Maisons-Alfort, Nogent-sur-Marne, Ormesson-sur-Marne, Saint-Maur-des-Fossés, Saint-Maurice et Sucy-en-Brie) sont concernées. Quatre des 24 communes sont concernées par les deux vallées.

Septembre 1999 : Nos îles et berges figurent en bonne place dans le sujet central (Les Paradis autour de Paris) de la revue Geo.

Janvier 2000 : L’île du Moulin, sévèrement frappée par L'Ile du Moulin à Bry la tempête de décembre, reste 10 jours sans eau, électricité, téléphone… à 10 km de Paris. Le câble reliant l’île au continent a été coupé par un arbre de l’île d’Amour. L’EDF fait tout ce qu’elle peut mais les services de la Navigation refusent de donner leur autorisation pour l’intervention… au motif que " ce n’est pas la peine de rebrancher ces gens-là qui doivent partir de toutes façons ". L’EDF, service public encore digne de ce nom, intervient quand même avec l’aide des pompiers. Quant aux "gens" en question, ils ne savent pas qu’ils doivent partir et ils ne savent pas que la Navigation (payée avec leurs impôts) se permet ce genre de comportement qui relève de la non-assistance à personne en danger. Ils n’apprendront qu’en mai ce comportement honteux de la Navigation. 

11 janvier 2000 : Rencontre entre l’APPRIMS 94 (Association pour la Protection des riverains et pour la prévention des risques d’inondation de la Marne et de la Seine en Val de Marne), qui regroupe des maires opposés au projet de PPRI, et le préfet de la Région Ile-de-France, Jean-Pierre Duport. Les maires soulignent qu’une crue de la Seine ne peut se régler dans le seul Val de Marne et aux dépens de celui-ci. Le préfet refuse que l’on prenne plus de temps pour faire des études sérieuses car cela repousserait le PPRI juste avant… les municipales.

28 mars 2000 : Le Conseil municipal de Bry-sur-Marne donne un avis défavorable au projet de PPRI.

Avril 2000 : Dans un Flash de la Vie à Bry, la municipalité lance un appel aux Bryards pour qu’ils la soutiennent dans ses démarches pour faire modifier le projet de PPRI. Ce Flash ne contient malheureusement pas assez d’informations sur le règlement de la zone rouge et n’attire guère l’attention. Les informations fournies par la Préfecture à la Mairie n’auraient été, ni claires ni cohérentes (plusieurs versions, des couleurs de zones qui restent les mêmes mais avec des définitions qui changent, etc.), et n’auraient pas permis de déceler tous les problèmes.

Quelle que soit leur couleur politique, on peut dire que les mairies concernées n’ont pas fait preuve d’une grande clairvoyance. Beaucoup de maires n’ont rien vu venir. Ceux qui étaient en même temps députés avaient mieux à faire à Paris et ont abandonné le bébé à des adjoints plus ou moins efficaces. D’autres maires n’ont vu que quelques-uns des problèmes posés par ce projet de PPRI. Habitués à leur train-train municipal et aux petits arrangements, ils ont cru que ce PPRI de "reconquête" allait être édulcoré en cours de route. Quand ils se sont réveillés, il était trop tard. Le travail de lobbying qu’ils auraient pu mener tous ensemble (par exemple, à travers une APPRIMS moins ronronnante) en direction du gouvernement n’a pas été fait. Quant aux services techniques des mairies (théoriquement plus à même d’évaluer la qualité du zonage et de comprendre la gravité de certaines mesures prévues par le règlement du projet de PPRI), on ne peut que constater qu’à de rares exceptions près ils ont été d’une compétence toute relative. Cela peut se comprendre dans de petites municipalités manquant de moyens mais ailleurs… !

Avril 2000 : C’est la date à laquelle les gestionnaires de réseaux de fluides (eau, gaz, électricité) et d’infrastructures de transport auraient du présenter au préfet une étude sur la vulnérabilité de leurs installations. Ils ont eu deux ans pour le faire. On attend encore. Le préfet (qui a demandé cette étude) s’en passe ce qui montre bien que le projet de PPRI n’est pas là pour réduire les risques pour les populations. Il est juste là pour protéger l’administration contre d’éventuels procès.

26 avril 2000 : La Préfecture du Val de Marne fournit aux journalistes un dossier de presse sur le PPRI. La plupart des incohérences du projet de Plan y apparaissent déjà. On reconnaît que les inondations de la Seine et de la Marne sont des phénomènes lents mais on prône des mesures de contrôle jusque-là réservées aux zones exposées à des flux torrentiels. Aucune véritable mesure de protection n’apparaît derrière les incantations sur le thème de la crue de 1910. Techniquement, le dossier n’apprend rien et pour cause, aucune étude sérieuse n’a été entreprise avant le lancement de ce PPRI. On se garde bien dans ce dossier d’évoquer des clauses comme l’interdiction de reconstruire en Zone rouge. Mal informés, les journalistes ne risquaient pas d’informer les riverains qui ignorent encore tout de ce que l’administration leur prépare.

2 mai 2000 : Début de l’enquête publique dans les 24 communes concernées. Cette enquête est ouverte jusqu’au 31 mai (alors qu’un sujet moins sensible, comme le Plan de déplacement urbain, a droit lui à une enquête plus longue).

Nous réagissons

Mai 2000 : Les habitants de l’île du Moulin découvrent, par hasard, l’existence du projet de PPRI. Ils se rendent à la réunion de quartier organisée par la Mairie pour traiter de questions diverses et soulèvent la question du PPRI et du règlement de la zone rouge. Le Maire de Bry, Mr. Spilbauer, leur apprend que le Conseil municipal a donné en mars un avis défavorable au projet de PPRI et leur conseille de se battre.

Mai 2000 : Un tract "bricolé" par les habitants de l’île du Moulin et attirant l’attention des habitants sur la menace que le projet de PPRI représente pour leur patrimoine est distribué dans l’île (voisine) des Loups et sur les quais, à Bry-sur-Marne et au Perreux. Suite à ce tract, le maire du Perreux convoquera une réunion d’information sur le PPRI le 30 mai. Une association verra le jour au Perreux (Association de lutte pour un PPRI équitable, ALPPE).

25 mai 2000 : Création de l’Association des îles d’Amour et du Moulin.

Mai 2000 : L’Association des îles d’Amour et du Moulin, vite rejointe L'Ile d'Amour par des habitants du Quai Ferber, incite les habitants à aller en mairie pour annoter le registre d’enquête. Ils font signer une pétition contre ce PPRI qui sera annexée au registre d’enquête. Le même travail s’effectue côté Perreux avec les personnes qui vont créer l’association ALPPE.

27 mai 2000 : Le Préfet reçoit une délégation d’habitants de l’île Sainte-Catherine, conduite par Laurent Cathala, député et maire de Créteil. Informés par des habitants de l’île Fanac, des habitants de l’île du Moulin et de l’île des Loups se joignent à la manifestation devant la préfecture. Catherine Tarbouriech (présidente de l’Association des îles d’Amour et du Moulin) se glisse dans la délégation reçue par le Préfet et intervient sur le problème de la non-reconstruction (zone rouge).

Fin mai 2000 : Fin de l’enquête publique. A Bry-sur-Marne, 242 personnes se sont exprimées sur le registre d’enquête ou à travers la pétition, rédigée par nos soins, qui a été annexée au cahier. La même pétition a également été annexée au registre du Perreux (277 interventions du public). Les deux communes (Le Perreux et Bry) figurent en 2e et 3e position pour le nombre d’observations consignées ou annexées aux registres d’enquêtes (derrière Choisy le Roi, mobilisée par l’association Les Inondables ).

12 juin 2000 
:
Parution d’un premier article dans le Parisien Val de Marne (interview - axée sur la zone rouge - de la présidente de l’Association des îles d’Amour et du Moulin et annonce de la réunion du 13 juin).

13 juin 2000 : Création de l’association "Pour la Protection des Riverains et des Iliens" regroupant des habitants des îles et des riverains de Bry-sur-Marne. Une soixantaine de personnes participent à cette création. Le maire de Bry-sur-Marne, Mr. Spilbauer, intervient lors de la réunion et assure les présents du soutien total de la municipalité. Il affirme que celle-ci est décidée à se battre jusqu’au bout, recours devant les tribunaux compris.

15 juin 2000 : Le journal Le Parisien, édition du Val de Marne, rend compte de la réunion de création, ainsi que des propos du maire de Bry.

16 et 17 juin 2000 : Le journal régional de FR3 consacre un sujet au PPRI comprenant une interview de la présidente de l’association "Pour la Protection des Riverains et des Iliens" et une interview du député Gilles Carrez (qui n’évoque que le cas du Perreux). L’INA réalise également un reportage incluant des propos de la présidente.

18 juin 2000 : Distribution sur plusieurs marchés - dont celui de Bry - d’un tract contre le PPRI. Ce tract est commun à 8 associations : Association de l’île des Loups et des Bords de Marne (Nogent), Association de lutte pour un PPRI équitable (Le Perreux), Association des îles d’Amour et du Moulin (Bry-sur-marne), Association pour la Sauvegarde de l’Environnement de Polangis (ASEP, Joinville-le-Pont), Association syndicale des propriétaires de l’Ile des Loups (ASPIL, Le Perreux), Comité de l’île Fanac (Joinville-le-Pont), Comité de sauvegarde du Bras du Chapître et de ses abords (Créteil), Pour la Protection des Riverains et des Iliens (PPRI, Bry-sur-Marne). Après la distribution de ce tract, l’association est présente les trois dimanches suivants sur le marché de Bry et y informe les Bryards.

19 juin 2000 : Réunion de l’APPRIMS 94

21 juin 2000 : A la demande de l’association PPRI, le Conseil municipal de Bry-sur-Marne confirme son avis défavorable au projet de PPRI, en insistant notamment sur les règles concernant la zone rouge.

23 juin 2000 : Démarrage de notre site internet : http://membres.lycos.fr/ppri

28 juin 2000 : L’association PPRI envoie une lettre à Philippe Vesseron, directeur de la Prévention des Pollutions et des Risques, Délégué aux risques majeurs, Ministère de l’Équipement et de l’Environnement. Aucune réponse à ce jour : "la concertation ne s'use que quand on ne s'en sert pas !".

30 juin 2000 : L’association PPRI envoie une lettre à Jean-Paul Huchon, Président du Conseil régional de l’Ile de France. Aucune réponse à ce jour.

Début juillet : L’association PPRI passe le cap des 500 adhérents.

4 juillet 2000 : Une lettre co-signée par six associations (Association de l’île des Loups et des Bords de Marne, Association de lutte pour un PPRI équitable, Association des îles d’Amour et du Moulin, Association syndicale des propriétaires de l’Ile des Loups, les Inondables (Choisy), Pour la Protection des Riverains et des Iliens) est envoyée au Préfet du Val de Marne. Notre association encourage tous ses adhérents et sympathisants à envoyer leur propre lettre.

10 juillet 2000 : Le Rapport de la Commission d’Enquête est disponible en mairie. Ses conclusions sont accessibles sur notre site. La Commission est favorable au PPRI mais émet un grand nombre de recommandations et de réserves. La plupart des arguments que nous avançons depuis le début sont repris par ce rapport.

10 juillet 2000 : Parution d’un troisième article sur l’association dans le Parisien Val de Marne.

11 juillet 2000 : L’association, ainsi que celle du Perreux (ALPPE), le député Gilles Carrez et l’ancien maire de Bry, Mr. Lasne, sont reçus dans l’après-midi par le préfet Idrac.

Une réunion d’information des adhérents a eu lieu dans la foulée à la Salle des Conférences de la Mairie de Bry. Un compte-rendu a été envoyé aux adhérents.

En résumé, deux hypothèses ont été mentionnées par le préfet.

Soit, il maintient à peu près tout en l’état : les zones actuelles et la clause de non-reconstruction. (Et nous partons tous à l’assaut devant les tribunaux, avec aussi des manifestations dès la rentrée).

Soit, il créé une nouvelle nuance de couleur. Le rouge et ses restrictions absurdes sont réservés à une ligne étroite sur les berges. Un rouge hachuré (ou orange hachuré) entre en vigueur pour les zones habitées qui étaient dans le rouge jusque-là : cette nouvelle zone serait temporaire - en attendant des études plus poussées - et permettrait la reconstruction après sinistre.

Au cours de cette réunion avec le préfet, nous avons appris qu’une erreur s’était glissée dans le plan de Bry qui a été présenté dans le cadre de l’enquête publique. (Encore une preuve du manque de rigueur qui a présidé à l’élaboration de ce PPRI, ainsi que du manque de respect de l’administration pour les citoyens). Tout le Quai Ferber serait donc en rouge alors qu’une partie figurait en violet sur le plan de zonage. Habitants du début du Quai Ferber, renseignez-vous !

12 juillet 2000 : Une réunion extraordinaire du Conseil municipal de Créteil prend à l’unanimité des présents (les élus verts se sont défilés, n’osant sans doute pas assumer publiquement leur soutien au PPRI) une délibération qui demande au préfet de tirer les conséquences des réserves et recommandations formulées par la Commission d’Enquête et d’amender en ce sens les prescriptions du PPRI.
Le Conseil municipal autorise le maire à engager toutes voies de recours tendant notamment à obtenir le sursis à exécution du PPRI du Val de Marne.

Notre association a rencontré le 18 juillet au soir le maire de Bry, M. Spilbauer. Ce dernier a pris une position tout aussi ferme. Si le préfet prend un arrêté nous maintenant en zone rouge ou dans une zone rouge ou orange hachurée temporaire, une action en justice (avec demande de sursis à exécution) sera immédiatement entreprise par la mairie de Bry, action en justice qui viendra s’ajouter à la nôtre (ou aux nôtres). On aimerait que toutes les municipalités concernées adoptent des positions aussi claires et nettes.

Le PPRI nouveau est arrivé

28 juillet : : Le Préfet du Val de Marne, Francis Idrac, signe l’arrêté d’approbation du PPRI.

31 juillet : Le texte complet de ce PPRI retouché n’est pas encore disponible.

Des informations circulent qui vont dans le sens des entrevues du 11 juillet (avec nous) et du 20 juillet (avec les maires membres de l’APPRIMS).

Deux nouvelles zones seraient créées : orange hachurée en rouge (nos quais) et rouge hachurée en orange (nos îles). La clause interdisant la reconstruction en cas de sinistre ne subsisterait plus que dans la zone vraiment rouge qui ne concerne plus qu’une étroite bande (non habitée) des rives, ainsi que des îles non habitées. Des études complémentaires (sur les débits) sont prévues pour ces deux nouvelles zones.

Nous attendons le texte lui-même pour juger en toute connaissance de cause.

31 juillet : Le Maire du Perreux (et notre député), Gilles Carrez, crie victoire dans une lettre aux Perreuxiens.

On ne peut que se féliciter de ce souci d’information qui tranche avec l’attitude passée de la Mairie du Perreux (réunion d’information sur le PPRI convoquée seulement la veille de la clôture de l’enquête publique).

Gilles Carrez considère cette victoire comme étant aussi la sienne. Cela prouve qu’il a changé d’avis en cours de route et nous nous en félicitons aussi. On aurait pourtant aimé qu’il le manifeste plus clairement et plus tôt. Par exemple, en ne faisant pas adopter par le Conseil municipal du Perreux une délibération favorable au projet initial de PPRI (Pour mémoire, la Municipalité de Bry, elle, a pris deux délibérations hostiles à ce projet).

Quant aux informations sur le nouveau texte de PPRI figurant dans cette lettre, elles sont pour le moins sommaires. Gilles Carrez affirme par exemple que les études hydrauliques " ne remettent pas en cause les règles d’urbanisme de cette zone ". Pour notre part, nous pensons qu’il vaut mieux s’en préoccuper et les suivre de près. Et un texte comme le PPRI mérite d’être étudié dans le détail avant de lancer un cocorico très "pré-électoral".

2 août : Réunion de la présidente et du vice-président de notre association avec le Maire de Bry pour étudier le nouveau PPRI (texte toujours pas disponible mais Jacques Lasne a pris la peine d’aller l’étudier en Préfecture).

Courant août : L'association rencontre plusieurs administrations (Institution interdépartementale des barrages réservoirs du Bassin de la Seine, DDE, DIREN). Ces entretiens confirment que nos adversaires les plus acharnés sont la Navigation (Pour elle, le mieux serait encore de raser les îles pour améliorer une navigation fluviale pourtant moribonde) et le ministère de l'Environnement (qui se gargarise du mot Prévention mais refuse l'idée même de travaux de protection. Mme Voynet est contre le nucléaire mais aussi contre les barrages. Si elle veut faire marcher la région
parisienne à l'énergie solaire, on ne va pas travailler tous les jours !).

30 août : Le texte du PPRI parvient en mairie de Bry. Le même jour, l'association tient une réunion à la Salle des conférences pour faire le point. Un compte-rendu a été envoyé aux adhérents.
Le maire de Bry, M. Spilbauer, se joint à cette réunion et y amène les documents reçus de la Préfecture. Il partage notre analyse : il est difficile d'aller en justice dans l'état actuel des choses (on nous opposerait le fait que des études sont encore en cours et que la décision n'est pas définitive). 

10 septembre : Participation de l'association au Forum des associations à Bry-sur-Marne.

Nos premières impressions :

Le pire a été évité. On échappe à la zone rouge qui se traduisait par une dévalorisation immédiate des biens (certificat d’urbanisme négatif) et qui nous faisait courir le risque de tout perdre (avec sa clause de non-reconstruction après sinistre). On échappe aussi aux années de procès qu’il aurait fallu lancer pour faire annuler la clause de non reconstruction.

Mais le danger subsiste. Pour les deux zones nouvellement créées (orange hachuré rouge et rouge hachuré orange), des études complémentaires vont être entreprises d'ici la fin 2002 et des modifications restent possibles. Dans son entrevue du 11 juillet, le Préfet a laissé entendre que ces modifications ne pourraient être que plus favorables aux habitants mais cette garantie ne figure pas dans le texte du PPRI. 

Il existe aussi un danger au niveau de l'interprétation du texte. Par exemple sur la notion de travaux d'entretien courant en zone rouge hachurée orange. 
Pas question de se démobiliser trop vite. L'application de ce texte et les études doivent être surveillées de près.

Depuis l'approbation du PPRI du Val de Marne :

L'association a choisi de ne pas aller en justice (pour l'instant). Cela ne veut pas dire qu'il n'y a plus rien à faire. 
Nous avons appris à nos dépens - avec le PPRI première version qui a failli passer en catimini - que nous ne pouvons avoir qu'une confiance limitée dans les administrations, les services techniques municipaux et certains élus.
Il faut maintenant s'organiser pour une bataille plus longue et plus technique. C'est-à-dire aller à la recherche des informations pour ne plus être pris au dépourvu et améliorer l'outil qu'est notre association : la rendre encore plus efficace (Encore une fois, toutes les bonnes volontés sont les bienvenues, n'hésitez pas à nous contacter en nous proposant des idées ou en nous précisant vos compétences particulières) et la faire connaître aux riverains mais aussi à la presse.

Nous poursuivons donc nos contacts tous azimuts avec des administrations, services techniques, etc :

Une visite a eu lieu au barrage réservoir Marne. L'institution responsable - Institution interdépartementale des barrages-réservoirs du Bassin de la seine ou IIBRBS - nous a confirmé que les projets (Zone de la Bassée et barrage de la Saulx) étaient en sommeil depuis 2/3 ans alors qu'ils pourraient améliorer considérablement la situation en cas de crue. A noter que ces fameux barrages qui hérissent tant Mme Voynet réjouissent d'autres écolos : le lac de Der a permis un développement important du tourisme écologique (des grues et d'autres oiseaux font maintenant étape sur ce lac aménagé). 

Il semble par ailleurs que nous devons faire notre Mea Culpa vis à vis de l'IIBRBS : nous avions émis des doutes sur sa gestion des barrages (à cause des bases de loisirs) alors que les explications fournies confirment le sérieux de cette gestion. Une autre visite - inopinée - va dans le même sens : les réservoirs sont bel et bien vidés avant l'hiver. 

Une rencontre a eu lieu avec la Corima - à travers son président, le maire adjoint de Meaux - qui regroupe 120 communes de 5 départements (dont le Val de Marne) et qui a pour but de trouver des moyens de prévention et d'alerte en cas de crue de la Marne. La Corima a longtemps ronronné mais semble bouger davantage. Elle souhaite s'ouvrir à d'autres communes et pouvoir ainsi influer sur les mesures de protection des riverains et d'entretien du fleuve entre Paris et Meaux. Notons que le PPRI de Seine et Marne est en cours d'élaboration et que le récit de notre propre expérience a intéressé notre interlocuteur.

Une rencontre a également eu lieu avec le responsable du service d'annonces des crues de Paris (DIREN). Signalons que le bulletin d'annonce (créé au printemps 2000) est accessible à l'adresse :

www.environnement.gouv.fr/ile-de-France/annoncecrues/

Et maintenant ? 

Pendant plusieurs mois, notre activité n?a pas cessé mais elle était moins visible. Dans l?attente des études complémentaires, nous avons multiplié nos contacts avec d?autres associations (grâce à ce site, plusieurs associations nous ont contactés ces derniers mois), avec des administrations, organismes et groupements (la Corima par exemple) susceptibles de fournir des informations ou d?oeuvrer dans le sens d?une protection à la fois véritable et respectueuse des riverains et îliens. 

Nous avons évidemment tout fait pour nous procurer le texte du cahier des charges concernant les études hydrauliques complémentaires. Pourquoi ? Tout simplement parce qu?une étude c?est comme un sondage. Suivant la façon dont on pose les questions, on influence les résultats ! Nous voulions donc savoir ce qui était précisément demandé au cabinet d?études hydrauliques. 

Nos demandes aussi polies que régulières n?ont pas abouti. 

En son temps, le préfet chargé de concocter le projet de PPRI (Francis Idrac) avait eu une conception plutôt étroite de la concertation. Il n?avait informé que les maires (plus ou moins motivés et plus ou moins portés sur la communication en direction de leurs administrés) et les services techniques (plus ou moins compétents) des municipalités. Et même cette ?concertation? limitée avait laissé à désirer tant elle s?avérait être à sens unique.

Sur le tard, le préfet Idrac avait pourtant corrigé le tir et avait reçu des associations d?habitants des Bords de Marne (dont la nôtre). La création des zones temporaires (rouge-orange) montre que nos arguments avaient au moins en partie porté. 

De toute évidence, le successeur de Francis Idrac, le préfet Pierre Mirabaud ne démarre pas mieux puisqu?il a tenu à garder pour lui et ses services le contenu du cahier des charges. Il a attendu le plus longtemps possible et n?a finalement fourni ce document - plutôt succinct - qu?aux mairies. C?est par ce biais que nous l?avons eu.

Espérons que, comme son prédécesseur, le préfet Mirabaud va s?améliorer à l?usage et qu?il comprendra ce que soulignent plusieurs rapports officiels et textes administratifs: une bonne prévention (et le PPRI est censé être un outil de prévention) suppose que l?on informe correctement les citoyens et qu?on les associe aux décisions. Espérons, par exemple, que ? contrairement à la réunion du 19 décembre 2001, à laquelle n?ont été conviées que quelques mairies ? nous serons conviés à la prochaine réunion organisée à la préfecture du Val de Marne ! 

En attendant ces progrès, moins l?administration sera transparente, moins elle nous semblera crédible.

Et le fait de nous cacher si longtemps le cahier des charges ne nous empêche évidemment pas de le critiquer. 

Premier constat, le cahier des charges ne tient pas compte de l?existence des barrages. On pouvait s?y attendre. Le cahier des charges ne fait que reproduire une erreur (ou une escroquerie intellectuelle, à votre choix) déjà commise dans le PPRI.

Encore et toujours, on nous affirme que la référence, c?est la crue de 1910 (ou crue centennale) dont les hauteurs d?eau ont été reportées sur les cartes actuelles de la région pour tenir compte de l?urbanisation depuis cette date. Mais on refuse d?intégrer d?autres évolutions qui sont intervenues depuis 1910: la construction des barrages mais aussi les améliorations apportées à la Seine amont (qui se traduisent par un bien meilleur écoulement). En fait, rien qu?en omettant les barrages, on fausse déjà tout. On affiche 1910 comme référence officielle mais on nous inflige des aléas qui sont pour la Marne ceux de la crue tricentenaire et non ceux d?une crue centennale. (cf. Hydratec Etude sur la mise en ?uvre de la réduction de la vulnérabilité au risque d?inondation).

Tout cela au motif que les barrages ne seraient pas efficaces en cas de crue historique, une affirmation répétée sans cesse par les écologistes les plus sectaires mais qui n?est pas vraie pour autant (cf. note sur  les chiffres concernant les pluies exceptionnelles de la fin décembre 2001) Les barrages ne suffiront évidemment pas à empêcher une crue historique mais ils ont une action positive (variable en fonction de leur taux de remplissage et donc du moment où interviendrait la grande crue). Et cette action - même limitée - peut jouer un rôle déterminant si elle intervient à un moment-clé et empêche que coïncident les ondes de crues de la Marne et de la Seine (coïncidence qui constitue une des conditions de la répétition de la crue de 1910). 

Deuxième constat. Non seulement on fait comme si les quelques barrages réalisés (38 % du programme prévu) n?existaient pas, mais on fait maintenant disparaître, comme par un coup de baguette magique, le tunnel de St Maur. C?est écrit noir sur blanc dans le cahier des charges: l?étude ne doit pas tenir compte de ce tunnel. 

Pourquoi ? Ce tunnel existe (depuis 1813) et il a évidemment une influence sur les débits même s?il ne constitue pas une panacée. 

Des preuves de cette influence, on en trouve notamment dans la récente étude de l?IIBRBS (document fourni l?année dernière sur CDrom à toutes les administrations et mairies concernées mais dont on se demande qui a pris la peine de le lire).

Dans le chapitre Modèle sectoriel MN3 Hydratec 98, il est écrit: « le tunnel de St Maur est en principe utilisé en temps de crue pour dériver une partie du débit. Ceci entraîne un abaissement sensible du niveau d?eau au droit du pont de Joinville et en amont (de l?ordre de 70 cm pour une crue type 1955) ». Or, nous savons tous que - pour la Marne et dans nos parages - la crue de 1955 est à peu près comparable à celle de 1910. Certains considèrent même que cette crue de 1955 constituerait une meilleure crue de référence. 

Dans un autre chapitre (Définition du modèle hydraulique de calage) de cette étude de l?IIBRBS qui constitue le travail le plus complet et le plus sérieux sur notre bassin, il est encore écrit: « Le tunnel de St Maur est équipé d?une vanne de décharge au droit de l?actuelle écluse, permettant de contrôler le débit dérivé en temps de crue. Il contribue ainsi à abaisser les niveaux d?eau de crue dans la boucle de St Maur et en amont par effet de remous jusqu?à l?écluse de Neuilly-sur-Marne. L?aménagement est opérationnel depuis 1939. La vanne secteur est mise en route dès que les PHEN sont atteintes au pont de Joinville (32 NGF). Le débit maximum évacué est de 250 m3/s ». L?étude poursuit en donnant la courbe moyenne de dérivation (par exemple, 220 m3/s de débit dérivé pour un débit amont de 800 m3/s).

Tout semble donc indiquer que le tunnel et sa vanne ont un effet et un effet bénéfique. Nous pouvons comprendre que cet effet du tunnel de St Maur plafonne à un certain niveau et qu?il soit proportionnellement moins important en cas de crue historique (on ne peut pas laisser l?eau s?y engouffrer librement sous peine de risquer sa destruction). Nous pouvons aussi comprendre que cet effet soit inexistant une année donnée pour des raisons précises (des travaux par exemple).

Mais nous ne comprenons pas que cet ouvrage ne soit pas pris en compte dans des études qui se veulent sérieuses. 

De deux choses l?une.
Ou bien cet ouvrage fonctionne et il faut en tenir compte.
Ou bien le préfet le supprime des calculs parce que l?ouvrage n?est pas en état et on peut alors se poser d?autres questions. 

Cet Etat qui dit vouloir diminuer les risques (tout en refusant de terminer son programme de barrages conçu il y a bien longtemps dans ce but), n?est-il pas en train de nous faire courir un risque supplémentaire ? Si cette vanne ou le tunnel lui-même ne sont pas en état, pourquoi n?y est-il pas apporté remède ? L?existence d?un PPRI a l?avantage de couvrir le préfet. Mais n?est-il pas en train d?avouer qu?un élément protecteur n?est pas en état de jouer ce rôle et que lui, l?autorité suprême du département, le sait et ne fait rien. 

Pour en savoir plus, nous avons pris contact avec les voies navigables qui nous ont aimablement répondu (sans toutefois nous fournir d?indications sur le fonctionnement de l?ouvrage lors de la crue de 1955, ni d?explication valable sur cette absence de chiffre pour cette année). On ne peut pas dire que les éléments fournis nous rassurent. Ils confirment évidemment que l?ouvrage de St Maur permet d?atténuer sensiblement les effets d?une crue ordinaire (retour inférieur à 10 ans) mais aussi son état de vétusté. Cet état de vétusté oblige à limiter le débit dérivé à 120 m3/s (au lieu des 250m3/s théoriquement possibles).

On ne peut évidemment pas demander l?impossible à ce tunnel et à l?organisme qui le gère mais il nous semble pourtant y avoir de la marge. Et puisque l?heure est, paraît-il, à la prévention des inondations, pourquoi ne fournit-on pas des crédits permettant de remettre en état cet ouvrage

Ces observations ont été transmises à divers élus. Lors de la réunion qui s?est tenue le 19 décembre 2001 à la préfecture pour parler des premiers résultats de l?étude hydraulique complémentaire, l?un d?entre eux les a répercutées. Quand consentira-t-on à corriger les aléas pour intégrer ce facteur fondamental ? 

Quant à l?étude elle-même, ses résultats ne sont pas encore validés et n?ont pas été fournis. Nous avons toutefois de premières indications.

En ce qui concerne les durées de submersion, les résultats ne seraient pas très bons pour Bry Cela vaudrait non seulement pour l?infamante zone rouge mais aussi pour des endroits en zone orange, comme La Pépinière. Ce critère ne saurait donc justifier aucune aggravation du PPRI pour les quais et les îles qui ont, sur ce plan, l?avantage de disposer d?un écoulement naturel.

En ce qui concerne les vitesses d?écoulement, l?échelle des cartes présentées interdisait toute lecture précise mais des aberrations comparables à celles enregistrées pour le zonage ne sont pas à exclure. 

Dès que nous en saurons plus sur l?étude, nous informerons sur ce site mais aussi par courrier tous nos adhérents. 

Et nous espérons évidemment que le préfet du Val-de-Marne, acceptera de recevoir notre association pour discuter des résultats des études et entendre le point de vue de ceux qui vivent la Marne au quotidien depuis de nombreux hivers. Pour nous, la concertation a un sens. Espérons qu?il partage ce point de vue. Sinon il nous faudra peut-être repartir à l?attaque. 

Un autre préfet, celui de la région Ile-de-France, Jean-Pierre Duport, s?est lui récemment illustré dans un registre plutôt douteux. En théorie, un préfet est censé garantir le calme aux citoyens (Corse mise à part évidemment) mais celui de la région Ile-de-France semble avoir une conception très particulière du calme puisqu?il a claironné (à la télé, à la radio et dans diverses gazettes) début décembre que la crue historique était sans doute pour cet hiver car les nappes étaient saturées.

Jean-Pierre Duport a-t-il une boule de cristal ? Au lieu de gesticuler et de semer gratuitement l?alarme en prédisant quelque chose que les météorologues eux-mêmes avouent ne pas savoir, est-ce qu?il ne ferait pas mieux d?améliorer la protection de la région? Oui, M. le préfet, il a beaucoup plu sur la région parisienne et les nappes sont saturées. Mais pour que 1910 se reproduise, il faudrait aussi que l?hiver soit pourri (et la météo refuse de prédire si loin) et que se chevauchent les crues de la Seine, de la Marne et de l?Yonne (toujours non maîtrisée). Personne ne peut faire aujourd?hui un tel diagnostic.

Ces propos alarmistes dans la bouche de quelqu?un qui devrait au contraire raisonner pour le bien de tous les Franciliens sont choquants. Le préfet Duport est en train d?ouvrir son parapluie médiatique. Il crie aujourd?hui à l?inondation catastrophique juste pour pouvoir nous asséner un « Je vous l?avais bien dit ! » au mois de févier ou mars si jamais le pire se réalise. Il pourra ainsi se vanter d?avoir vu venir un éventuel désastre et faire oublier qu?il n?aura rien fait pour l?empêcher (ou l?atténuer). Il rejoint en fait les écologistes de salon - salons politiques inclus - qui disent se préoccuper des inondations mais qui bloquent tout ce qui peut réduire le risque: les barrages parce que ça n?est pas écologique (alors que le barrage-réservoir du Der est devenu un habitat de grues), l?entretien des cours d?eau (parce que ça risque de déranger les petits poissons). Moins de prédiction douteuse et plus de protection sérieuse, M. le préfet de région! Il n?y a pas que les petits poissons dans la vie, il y a aussi des millions de banlieusards. 

Signalons que le ministère de l?Environnement a organisé (18 déc. 2001) une réunion pour fêter le 3000ème PPR (dont nos 28 PPRI du Val de Marne mais aussi des PPR concernant les incendies de forêts, etc) sur les 5000 prévus d?ici 2005. On s?est bien gardé d?inviter des associations comme la nôtre (ou d?autres) qui pointent du doigt le manque de rigueur scientifique de beaucoup de ces Plans et posent des vraies questions: pourquoi le ministère consacre des millions (100 MF par an soit 15 M euros) à ces plans et rien à des travaux concrets de protection ?   

2002, La France d?en bas

La grande nouvelle de cette année, c?est qu?il paraît qu?on va enfin tenir compte de la « France d?en bas ». Si c?est vrai, on devrait en profiter. Après tout, rien n?est plus bas que des inondables (sauf bien sûr nos camarades inondés qui n?ont ? hélas - pas manqué cette année).

Est-ce que les bureaucrates vont enfin nous écouter ? Certains d?entre nous auront du mal à le croire .

Une chose est sûre : Mme Voynet n?est plus ministre de l?Environnement. Vu le traitement qu?elle nous a réservé, nous ne nous en plaignons évidemment pas. Mais nous tenons aussi à rappeler que nous n?avons rien contre l?écologie. Le choix de notre cadre de vie ? les Bords de Marne ? montre d?ailleurs à quel point nous sommes sensibles à un environnement de qualité.

Notre problème, ça n?est pas l?écologie, ce sont certains écologistes qui prennent leurs a-priori pour des vérités scientifiques, qui font passer les poissons avant les humains et qui parlent de démocratie participative sans jamais prendre la peine de venir faire des travaux pratiques sur nos rives.

Nous avons aussi changé de préfet de région.

Là encore, nous n?avons rien à regretter. Le sortant (M. Duport) s?était distingué par ses déclarations retentissantes : pour lui, la crue historique était pour l?hiver 2001-2002. Cet homme-là en savait plus que la météorologie nationale et il s?est complètement trompé. La vraie leçon de l?hiver 2001-2002, c?est que les barrages marchent beaucoup mieux que ce que veulent bien admettre les écologistes et certains fonctionnaires de la DIREN (*). 

On a aussi changé de préfet du Val de Marne. Le sortant s?était distingué par son sens bien personnel de la concertation : non seulement, il n?a pas cru bon de rencontrer les associations de riverains mais il ne répondait même pas aux courriers.

Est-ce que son remplaçant vaudra mieux ? Tiendra-t-il compte de la circulaire (1er octobre 2002) de la ministre de l?Environnement qui dit notamment  : « Les habitants des zones inondables sont concernés par la mise en ?uvre de la prévention des inondations. Ils sont d?ailleurs parfois constitués en associations. Les plans [de bassin ou de sous-bassins que veut lancer la ministre]devront prévoir la participation de ces associations » ? 

On devrait découvrir assez vite comment réagi ce nouveau préfet. Les études complémentaires sont finies depuis des semaines. La date limite était la fin 2002. On devrait donc avoir des nouvelles. 

Nous savons déjà ? par le cahier des charges ? que l?effet , favorable pour nous, du tunnel de Saint-Maur a été purement et simplement escamoté (après celui des barrages !). 

Nous savons aussi que cette étude (portant pourtant sur une zone peu étendue) ne vaut pas mieux que les précédentes. Pour calculer les vitesses d?écoulement, le cabinet d?études s?est ainsi servi d?un document où l?île du Moulin figure comme zone naturelle. Autrement dit, ils l?ont considérée comme un terrain sur lequel l?eau est censée rencontrer peu d?obstacle et ils ont appliqué dans leurs calculs le coefficient de frottement le plus mauvais possible.

Comme d?habitude, aucune visite sur le terrain n?a eu lieu. Et comme d?habitude, ce sont les habitants qui vont en subir les conséquences. Dès que nous avons découvert cette erreur grave (l?île est habitée depuis longtemps ; avec 11 maisons, elle a une densité équivalente à celle d?un quartier pavillonnaire à Bry) et inexcusable (Pas besoin d?être ingénieur pour se procurer une copie du cadastre !), nous avons écrit au préfet Mirabaud qui n?a pas daigné nous répondre.

Nos arguments ont du pourtant avoir un certain effet. Puisque, avant même qu?on ne nous dévoile les résultats de ces études complémentaires de 2002, on entend déjà parler d?une nouvelle étude en 2003. Question : Combien d?études fera-t-on encore ? Est-ce qu?un PPRI sérieux ne suppose pas que les études soient (bien) faites avant et non après sa promulgation ? 

Autre question : Est-ce que, cette fois-ci, ces merveilleux spécialistes en crues de bureaux feront le déplacement sur le terrain et viendront demander à ceux qui vivent là tous les hivers s?il y a pas, par exemple, des courants transversaux pendant les plus fortes crues ?   

Les projets de Mme Bachelot 

La nouvelle ministre de l?Environnement a annoncé qu?elle souhaitait lancer des projets et prévu quelques petits millions pour ce faire. Le délai pour déposer les propositions est fixé à la fin mars 2003, ce qui nous laisse plutôt sceptique compte tenu des inerties administratives habituelles.

Mais comme nous ne sommes pas des gens négatifs, on peut déjà lui suggérer quelques idées. 

1)      Bravo pour La Bassée mais pourquoi ne pas lancer aussi le barrage de La Saulx ? Cet ouvrage qui se trouve également dans les cartons de l?IIBRBS ( l?étude est terminée) n?a rien d?un grand barrage (ce qui devrait rassurer les écologistes) mais il peut faire gagner quelques centimètres qui représenteraient peut-être des milliers d?habitations sinistrées de moins.

2)      Et l?entretien de la Marne et de ses affluents ? Là aussi, on peut grignoter quelques avantages. Et si ça n?est pas en centimètres, ça sera au moins en durée ? réduite ? de la période de submersion. Pour des crues de plaine (les nôtres), c?est souvent cette durée qui fait la vraie différence côté dommages et coût des réparations.

3)      Et si on gérait convenablement les petits affluents (ex le Morin) pour éviter que des vannages intempestifs s?ajoutent au mauvais moment à une crue de la Marne ?

4)      Et si on finançait la rénovation du Tunnel de Saint-Maur et de sa vanne ? En 1955, cette vanne de décharge a fonctionné et protégé de nombreuses habitations. Les Voies navigables n?ont pas les moyens de moderniser cette vanne datant des années 1930. Résultat : elle ne peut plus évacuer que 110 m3/sec au lieu des 250 m3/sec pour lesquels elle a été prévue. Le gain serait de plus d?un mètre pour certains (1,35 m à Joinville) et encore de 50 cm à l?usine de Neuilly sur Marne. Ces 50 cm là sont pourtant importants pour beaucoup de gens puisque cette usine qui les approvisionne en eau potable se trouve en situation de « précarité importante » lors d?un pic de crue (pour une crue de type 1910).


***

 (*) Vous pouvez constater vous-même le rôle des barrages en ce début d?hiver en profitant de notre lien vers leur site Internet. Les barrages ont parfaitement joué leur rôle lors des pluies exceptionnelles (et intervenant surs sols saturés et gelés) des 28 et 29 décembre 2001. Un débit de 480 m3/s a été relevé à l?entrée du lac-réservoir Marne, soit un débit proche de ceux observés en 1910 et 1955. Entre le 28 décembre et le 4 janvier, 97 millions de m3 ont été stockés par les lacs. Mesuré à Gournay, cela a permis un gain évalué à près de 1 mètre sur la hauteur d?eau maximale et même 1,25 m en début de décrue. Mesuré à Paris Austerlitz, le gain a été de plus de 60 cm. 

 

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